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  • Delphine Chenu

Un portrait sans intérêt

Dernière mise à jour : 2 déc. 2022


Quand le timing me le permet, j'aime raconter des histoires sur les personnes que je photographie.

Ici, ce sera celle de Caroline Lardé, qui est venue se faire photographier dans le cadre d'un projet qui s'appelait « FEMME LUMINEUSE » et qui a fédéré plus de 100 femmes en mars 2021.

En 2022, toujours aux alentours du 8 mars, j'ai proposé le projet « FEMME LIBRE », la première

« édition » du genre ayant été un véritable succès !

En 2021, Caroline est venue vêtue en « Working Girl », escarpins Louboutin etc...avec une énergie positive et débordante.

En 2022, je reprend ses propres mots :

« En mars 2022, j’hésite à faire le shooting. C’est une période où je me trouve affreuse, molle, vieille et inintéressante. A la dernière minute je prends quand même un créneau. Je passe un bon moment. Nous rions beaucoup parce que je me bats avec ma grande jupe qui se soulève dans tous les sens à cause de l' énorme ventilateur…et que je n'ai pas de culotte ! »

En 17 ans de carrière, jamais je n'avais été face à cette sorte de « sans-culotte », j'ai trouvé ça... « couillu.E » !!!!!

À ce moment-là, je vois une Caroline, plus simple, plus détendue, plus vulnérable, beaucoup moins dans l'apparence et je suis heureuse qu'elle me montre une autre facette d'elle-même.

En 2021, pour « FEMME LUMINEUSE », notre choix final à toutes les deux est unanime, il se porte sur un portrait où Caroline est au sol, jambes croisées, Louboutin mis en valeur ainsi que son manteau ½ saison, en pied-de-poule très chic et son incroyable éclat de rire lumineux !

En 2022, Caroline, ne flashe pas et moi JE VOIS.

Je reprends ses mots :

« Pour moi, c’est une évidence, Delphine retiendra un portrait de la série « fou-rire/ventilo ».

Elle choisit au contraire une photo où je suis calme, assise en hauteur, les yeux fermés, le bras droit tendu vers le ciel, la main grande ouverte, pause qu’elle voulait absolument que je fasse lors de la séance photo.

Je me suis laissée guider sans comprendre l’intérêt de cette pause.

Et dans la continuité...

Je ne comprends absolument pas le choix final de Delphine, je ne vois pas du tout ce qu’elle semble voir dans ce cliché.

Delphine insiste pourtant, pour elle, c’est une évidence, ce portrait est sensible et profond, elle y voit, un absolu, une force qui émane de moi.

Je suis perplexe, mais je lui fais confiance et je décide d’acheter ce portrait en HD pour moi, me disant : « Un jour je verrai ce que Delphine voit ». Et j’oublie cette photo que je trouve franchement sans intérêt. »

Quelques mois après, en août 2022, Caroline participe à une retraite avec Meena Goll parmi 26 autres femmes. Le nom de cette retraite est :

"Femme Consciente, Femme Puissante".

Caroline vit une expérience intense, de reconnexion profonde et puissante à elle-même, ainsi

qu'à la JOIE, essence même de la Vie.

Meena encourage les participantes à vivre autrement, favorisant l'émergence du féminin LIBRE et INFINI, en unifiant féminin et masculin qui vivent en chacun de nous.

Pour illustrer cet abandon au flux de la vie, elle fait ce geste :

  • la main tendue vers le ciel

  • les yeux fermés qu'elle appelle : "Donner la Main à la Conscience".

Mi-octobre 2022, Caroline retombe sur le cliché sans intérêt, et je reprends ses mots :


« Il y a 15 jours, je suis retombée sur cette photo que tu as faite de moi qui était passée aux oubliettes. Entre rire et larmes, entre évidence et stupéfaction, JE ME VOIS maintenant."



Je tenais à partager cette histoire avec l'accord de Caroline, car cela parle de la « magie » du portrait.


Je ne sais pas expliquer pourquoi parfois, je demande à une personne de se mettre comme ci, ou comme ça, quelque chose advient, m'inspire, totalement inexplicable et intangible.

Bien sûr, l'observation aiguë de la personne me donne des informations, traitées à la fois,

par mon cerveau mais aussi par mon intuition, c'est pour cela que j'aime tant la pratique du portrait, tout se passe entre le visible et l'invisible, entre ce qui est dit par la personne et ce qui n'est pas dit.

Je navigue avec ce que je ressens, et avec ma propre sensibilité, c'est pourquoi,

un style photographique ne peut pas faire l'unanimité.

Vouloir rendre les gens « beaux » dans le portrait photographique est une chose, vouloir montrer leur vulnérabilité, ou ce qui se cache derrière l'apparence en est une autre.


Je pense être une photographe de L'ÊTRE et non du PARAÎTRE.



Et Caroline de riposter :

« En 5mn, Delphine te fout à poil alors que tu es habillée ! »

------------------------------ https://www.meena-compagnon.com/






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